• Ingénierie des pratiques
    innovantes en santé

  • Modernisation des organisations
    sanitaires et médico-sociales

  • Accompagnement des professionnels
    de santé aux changements
    de pratiques

  • Révision des stratégies
    des établissements
    et services ESMS

Déserts médicaux

Dominique Dépinoy, médecin généraliste et Président d’Acsantis, a été auditionné par la commission temporaire du Conseil économique, social et environnemental dédié aux déserts médicaux.

Plus d’informations sur le site du Conseil Economique Social et Environnemental

La désertification médicale n’est pas une fatalité ! Il est possible d’agir si on consacre des moyens ciblés aux organisations par territoire.

Parmi d’autres, l’ancienne Basse Normandie offre l’exemple d’une dynamique proactive mise en place depuis de nombreuses années avec une charte partenariale regroupant URPS, ARS, Conseil de l’Ordre des Médecins, Conseils Régional et Départementaux. Cette dynamique a permis aux acteurs de partager une réflexion territoriale, de sensibiliser élus et professionnels, de créer un guichet unique d’instruction de dossiers d’organisation en pôle ou maisons de santé, d’accompagner les différents acteurs et parties prenantes. Résultat en fut un maintien des densités de médecins généralistes, avec des installations qui, lorsqu’elles eurent lieu, se firent préférentiellement dans les Pôles de Santé Libéraux Ambulatoires promus par la charte partenariale.

Ainsi une politique « locomotive » peut bel et bien apporter des résultats. Et beaucoup d’autres exemples en France permettent de l’illustrer (Mayenne, Yonne, Cantal… et même à Paris non épargné par la problématique).Mais pour cela, il est nécessaire d’accompagner de manière active et durable les territoires et leurs acteurs !

Accompagner veut dire sensibiliser et former aux nouvelles organisations (coordination, e santé, partage de compétences…), apporter un soutien technique aux professionnels volontaires (juridique, économique, organisationnel), soutenir pas à pas la mise ne place d’un projet de santé et d’organisation notamment dans le temps de sa mise en œuvre…

Accompagner veut aussi dire travailler en mode projet. C’est-à-dire être capable de se mettre ensemble pour réaliser toutes les actions nécessaires à la réalisation du but recherché et ce, dans des délais fixés. Ce besoin d’accompagnement est d’autant plus fort que les "leaders", capables de lancer de nouvelles organisations à la seule force de leurs bras, sont rares - les étudiants sortant de la faculté n’y étant en rien préparés-. Et de manière générale tous les professionnels ne sont, tout simplement, pas des entrepreneurs.

Accompagner en mode projet c’est enfin décloisonner autour d’un projet de santé territorial reliant soignants de ville et hôpital, usagers et professionnels, élus et professionnels.

Réussir la mise en œuvre de projets de regroupement pluri professionnel en maisons ou centres de santé, demain en communautés professionnelles de territoire passe par le choix d’une échelle territoriale pertinente, par des rencontres avec toutes les parties prenantes, par un lien d’emblée avec les établissements de santé et médico-sociaux, par une place revisitée des pharmaciens et des paramédicaux.

Aussi faut-il soutenir activement les équipes de soins, former les professionnels aux nouveaux outils qui existent (plateformes d’appui à la coordination, outils de la e-santé,…), soutenir les équipes chargées de l’animation territoriale dans les ARS pour qu’elles puissent aider à l’émergence de dynamiques de terrain, motiver et donner des moyens aux départements de médecine générale des facultés. Bref aujourd’hui poursuivre les efforts de restructuration, améliorer le soutien aux soins primaires, renforcer les dynamiques qui émergent.

Et si on prenait la désertification médicale comme une formidable opportunité de repenser et réorganiser en profondeur notre système de santé ?

Et si parler de désert médical était contre-productif ?

Acsantis publie son 1er cahier qui porte sur l’amélioration de l’offre de soins et la lutte contre la désertification médicale.

Il présente les solutions des territoires, des exemples et cas pratiques.

PDF - 1.5 Mo

L’ARS Haut de France confie à Acsantis une formation des membres des instances de démocratie en santé

« Annonce de la nouvelle stratégie nationale de santé, élaboration des projets régionaux de santé… Les occasions de parler de démocratie en santé, ne manquent pas. Longtemps cantonnée à des cénacles d’experts et de praticiens eux-mêmes très hiérarchisés, la santé est de plus en plus abordée comme une question politique et citoyenne à part entière, que chacun a le droit voire la responsabilité de prendre en charge. Encore faut-il être en mesure de proposer des lieux, des institutions, des procédures pour mieux répondre à ce qui apparaît progressivement comme une nécessité. C’est précisément l’objet de la « démocratie sanitaire » - ou encore, dans une terminologie plus propre au champ sociétal qu’au champ légal et réglementaire, de la « démocratie en santé ».

Comme dans bien des cas, c’est le sociétal qui aura précédé le légal et le réglementaire. Dès les années 1980 des patients, des usagers et leurs proches avaient commencé à s’organiser collectivement afin d’affirmer et de revendiquer leurs droits, leurs besoins, leurs voix, dans un contexte sanitaire et social réellement violent, lié à l’épidémie de VIH et aux discriminations dont étaient victimes celles et ceux qui en étaient atteints. Le cadre réglementaire s’est installé plus lentement et s’est précisé à partir de 2002, en particulier avec la loi Kouchner relative aux « droits des malades et à la qualité du système de santé », qui comprenait un volet sur la représentation des usagers au sein des institutions sanitaires et des Hôpitaux ; mouvement qui s’amplifia jusqu’à aujourd’hui, à travers les lois dites HPST (2009) et de modernisation du système de santé (2016) qui instaurèrent des « instances de démocratie sanitaire » au niveau des régions (les Conférences régionales de la santé et de l’autonomie) et de leurs territoires (les Conseils territoriaux de santé, d’abord appelés les Conférences territoriales). Actuellement, la question de la démocratie en santé semble bel et bien à un tournant ; avec un défi majeur – comment faire parler intelligemment et de manière productive, au sein des instances désormais installées, des publics aussi différents que des professeurs d’université praticiens hospitaliers, des représentants d’associations de patients, des techniciens des services publics de santé, des élus, ou encore des représentants de la société civile dont les engagements initiaux sont parfois très éloignés des questions proprement sanitaires, comme des parents d’élèves ?

Ce défi sera d’autant mieux et rapidement relevé qu’il prendra en compte trois champs de forces parfois contraires : l’organisation des territoires, le code de fonctionnement des institutions et les attentes plurielles des acteurs dont nous avons souligné plus haut l’extrême diversité. Pour réussir, le partage d’une langue commune peut permettre l’expression et l’échange. Cette question de langue, de vocabulaire, qui doit permettre à la fois la reconnaissance mutuelle des acteurs par les acteurs, leur volonté à dialoguer et construire ensemble, ne doit pas être sous-estimée et négligée. D’autant plus que selon les fonctions de chacun, les raisons de douter d’un tel processus peuvent être non négligeables et apparaissent donc comme autant de freins. Les uns pourraient y voir une tentative de mise au pas, les autres un risque de confiscation.

Fort heureusement la nécessité de renforcer cette démocratie en santé semble s’imposer de manière de plus en plus forte. Pour des raisons de valeurs, d’abord : les usagers de la santé ont des droits qu’il est normal de voir s’exprimer et qui peuvent les conduire à s’engager. Pour des raisons d’opportunité, ensuite : avec la transition épidémiologique d’une part et le degré d’information sur ces questions d’autre part, les bons portant sont peut-être moins que jamais des malades qui s’ignorent. Pour des raisons d’efficacité, enfin : car si les instances ou phases de concertation demandent de mobiliser temps, moyens et énergie, elles permettent d’en gagner sur la suite, grâce à l’identification et la validation collective des projets. Entre formation des usagers par les usagers, formation des usagers par les praticiens, des praticiens par les praticiens, des praticiens par les usagers, mise en commun de bonnes pratiques, recherche comparative avec ce qui peut être mis en place ailleurs, les outils ne manquent pas, tant au niveau local, avec les ARS, les collectivités, les professionnels et les habitants, qu’au niveau national avec par exemple l’Institut pour la Démocratie en santé, créé en 2015.

Acsantis est très fier de pouvoir participer à ce type de projet.